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Quelques lamas, sur la cordillère des ondes
 
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 [interview] Cyril de ModularSquare

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ikkini
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ikkini

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MessageSujet: [interview] Cyril de ModularSquare   [interview] Cyril de ModularSquare EmptyMer 10 Avr - 1:24

Et hop ! Déjà une deuxième interview !!!

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Acteur incontournable du modulaire en France, ModularSquare est plus qu’une simple boutique où acheter ses modules, c’est aussi un espace de découverte et de rencontres. Cyril a eu la gentillesse de répondre à nos questions.

Quand et comment s’est passée ta rencontre avec les synthés modulaires ?

J’ai mis le doigt dans l’engrenage il y a environ 5 ans. J’ai toujours été attiré par le concept, mais à l’époque l’investissement nécessaire était trop important pour moi. En plus je n’y connaissais rien, et mon setup était principalement software. Deux déclencheurs ont fini par faire tomber mes dernières défenses : l’achat d’un Nord Modular G2, une fantastique machine hybride qui n’a fait que confirmer et consolider mon intérêt pour ce concept, et la rencontre d’un ami (salut Kent) qui possédait un système modulaire et qui m’a mis le pied à l’étrier. Depuis je n’ai pas arrêté, c’est une véritable drogue.

ModularSquare est plus qu’une boutique, puisque vous proposez régulièrement des rencontres, des ateliers. Comment vois-tu votre rôle sur la scène modulaire française actuellement ?

Je voulais absolument créer ces rencontres pour combler un manque. À l’époque où j’ai commencé à m’intéresser aux modulaires, il existait des communautés spécialisées en ligne, mais aucun lieu physique où des amateurs pouvaient se rencontrer pour échanger, apprendre, découvrir et faire de la musique régulièrement. Je voulais également que les amateurs puissent essayer les modules avant de les acheter, car avant que l’on organise ces rencontres, la seule façon de te décider sur l’achat d’un module était de le voir chez un ami, dans une convention (inexistante en France), d’écumer les forums et de regarder toutes les vidéos possibles sur YouTube… en priant pour qu’une personne ait eu l’idée de faire une vidéo sur le module qui t’intéresse.

Je voulais que ces rencontres soient ouvertes aux débutants, car lorsque j’ai commencé, j’avais tellement de questions à poser que ça m’a pris des mois pour y voir plus clair. Au début ça peut donner le vertige, on ne sait pas dans quelle direction aller, et si tu n’a pas la patience d’écumer internet et que personne n’est là pour te guider, tu galères. C’est pourquoi je suis toujours content d’accueillir des débutants et des débutantes.

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À côté de ça on essaye de varier, on organise une fois par an une Synth Battle pour encourager les artistes de notre communauté à se produire devant un public, on organise également des ateliers pour construire ses propres instruments, on prépare une masterclass avec des ingénieurs du son etc… On a plein d’idées.

Notre rôle dépasse le cadre d’un simple magasin, on ne vend pas des yaourts, on est vraiment habités par l’envie de partager et de faire de la musique. Pour te dire, les créateurs de Modularsquare (Marc Sirguy et Emmanuelle Gallin) sont des accros du son, ils sont dans le milieu depuis plus de 10 ans, ils ont créé leur propre marque d’instruments (Eowave) pour étancher leur soif de musique… Marc est obsédé par l’analogique, il a toujours un prototype sur le feu, bref, ils ne viennent pas d’une école de commerce. Et moi non plus !

Vous êtes également très proches des développeurs français, là aussi, penses-tu que vous avez un rôle à jouer ?

Absolument, on veut soutenir et mettre en avant autant que possible les artisans français qui font un travail remarquable, dans un contexte économique très difficile. On a toujours tendance à regarder ailleurs alors qu’en France on a des talents fantastiques, comme Olivier Gillet de Mutable Instruments par exemple [ndlr - que nous avons interviewé précédemment], un véritable génie qui s’est imposé en quelques mois rien qu’avec la pertinence de ses produits… et aussi sa philosophie ! Quand des gars comme ça débarquent chez toi avec des prototypes qui cassent la baraque tu n’as qu’une envie, c’est de braquer les projecteurs sur eux.

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Aujourd’hui, l’offre Eurorack est devenue pléthorique. Comment expliques-tu le succès de ce format créé il y a moins de 20 ans ?

C’est une conjonction d’événements. Une nouvelle génération de constructeurs est apparue (Make Noise, The Harvestman, Intellijel…), qui a donné un sérieux coup de fouet à un secteur un peu vieillissant en proposant des modules excitants et surtout modernes. Tous ces mecs là ont entre 35 et 40 ans, ils ont complètement assimilé ce qu’il s’est fait avant tout en aillant un énorme respect pour les pionniers (Tony Ronaldo de Make Noise s’inspire énormément de designs Buchla par exemple), ce qui ne les empêche pas d’innover avec les dernières technologies en date en utilisant des DSP et d’autres technologies numériques. Le meilleur de l’analogique et du numérique réunis dans un même système.

Le module Phonogene de Make Noise par exemple, rend à la fois hommage à Pierre Schaeffer et aux premières techniques de montage audio, mais te permet également de faire de la synthèse granulaire qui est un concept relativement moderne. Ce module fait le pont entre deux générations.

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L’autre facteur intéressant à observer, c’est que beaucoup de musiciens en ont marre des plugins… Après le boum numérique, les artistes veulent à nouveau toucher des instruments, manipuler les sons à pleines mains, sans latence, sans paramétrer quoi que se soit, sculpter des textures avec leur corps plutôt qu’avec une interface certes très pratique pour faire de la bureautique, mais pas vraiment indiquée pour composer et encore moins jouer de la musique.

Et puis il y a bien entendu le son et toute la magie qui se dégage d’un synthétiseur modulaire. Certains plugins sont très puissants mais quand tu vois le temps qu’il faut passer dessus pour en tirer quelque chose de correct alors qu’il suffit de brancher un oscillateur analogique sur une enceinte pour mettre tout le monde d’accord, certains ne veulent plus perdre de temps. Et puis avec un plugin tu n’es jamais surpris, alors qu’un modulaire rend les gens dingues parce qu’ils passent leur temps à faire des découvertes fantastiques. C’est un feedback constant entre un instrument et un être humain, là où un plug est trop souvent froid, reproductible et mécanique.

Et justement, face à cette offre, comment choisissez-vous les marques que vous distribuez ?

On sélectionne, mais ça n’est pas très difficile car on est également consommateur, donc on sait tout de suite quels sont les modules susceptibles d’intéresser les gens.

Pour finir, comment vois-tu l’avenir du modulaire en France ?

Le marché des synthétiseurs modulaires reste un marché de niche, lui même dans un marché de niche un peu plus grand (les synthétiseurs “classiques”). Tu entends beaucoup parler de synthétiseurs dans les médias ? On n’en parle jamais. Bien qu’ils soient utilisés depuis les années 60, ces instruments restent encore aujourd’hui très mystérieux pour la plupart des gens, alors que n’importe qui est capable de t’expliquer comment fonctionne une guitare ou une batterie.

Le potentiel des modulaires est énorme, car contrairement aux instruments “classiques” n’importe qui peut s’y mettre sans passer par la case solfège, théorie et manipulation. Utiliser un modulaire c’est faire de la sculpture, de la sculpture sur son. Et pour ça il suffit d’avoir des oreilles. Bien entendu, tout le monde n’a pas le talent nécessaire pour en faire quelque chose d’original, mais la relation que tu construis avec cet instrument peut très bien s’arrêter là où tu trouves ton plaisir. Il m’arrive encore de passer des nuits blanches à “chasser des sons” et à programmer des drones pour mon simple plaisir, au final tu ne gardes pas toujours ce que tu fais, mais le moment que tu viens de vivre est unique et te rend considérablement heureux. Parce que tu viens de vivre quelque chose de mystique.

photos ©Colom

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Franz
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MessageSujet: Re: [interview] Cyril de ModularSquare   [interview] Cyril de ModularSquare EmptyMer 10 Avr - 6:36

Il y a pas de doute on sent qu'il aime ça rabbit

Par contre, j'ai suivi le lien pour lire l'interview et quand je suis revenu, je me suis aperçu que le texte était là dans ton sujet. Je ne dois pas être encore bien réveillé Laughing
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